HUMANITÉ NOUVELLE

Parlamento Europeo

 

Les citoyens européens retournent aux urnes pour élire leur Parlement. Sera-t-il possible d'inverser la tendance qui voit diminuer inexorablement la participation à chaque consultation ? La situation économique et les innovations institutionnelles peuvent influencer le vote.

par Carlo Blengini (Città Nuova)

Pour la huitième fois depuis la naissance des Communautés européennes dans les années cinquante, nous aurons l'occasion d'élire nos représentants au parlement européen. Cette possibilité est de moins en moins exploitée : en 1979, quand a eu lieu le premier tour de scrutin, 62 pour cent des personnes inscrites ont voté ; lors de la dernière élection en 2009, dans un contexte de crise économique et de peur rampante en ce qui concerne la survie de la monnaie unique, seulement 43 pour cent des Européens sont allés aux urnes, avec un record de 20 pour cent seulement pour la Slovaquie et la Lituanie. […]

Cinq ans plus tard, une partie des pays ont retrouvé la croissance ou entrevoient la lumière  au bout du tunnel. Cependant, les mesures d'assainissement budgétaire mises en œuvre dans plusieurs États, dont l'Italie avec les gouvernements Berlusconi, Monti et Letta, ont contribué à créer une image de Bruxelles comme d’un appareil technocratique et froid qui impose l'austérité sans tenir compte de  son impact social, difficile à supporter pour les populations  touchées. Tout cela dans un contexte de chômage qui continue d'augmenter, en particulier chez les jeunes, tandis que la Grèce peut avoir besoin d'un troisième plan d'aide internationale, le Portugal d’un deuxième, et que la Slovénie pourrait également faire l'objet d'un plan de sauvetage, avec les contraintes que cela imposerait aux budgets nationaux.

Les analystes s'attendent à une augmentation significative de votes anti-européens ou protestataires en faveur de partis eurosceptiques ou populistes, comme le Parti de l'Indépendance du Royaume-Uni, le Front National français ou le Mouvement Cinq Étoiles. En fait, cela fait partie du jeu démocratique et le Parlement européen existe aussi pour donner une voix à toutes les conceptions de l'Europe, de toute nature, qui résultent du vote populaire.

Ce qui est différent cette année, c'est que, quoi qu'il arrive, les résultats des élections seront doubles. En effet, notre vote ne servira pas seulement à déterminer la composition du futur parlement par l'élection des 751 députés. En vertu d'une nouvelle disposition du Traité de Lisbonne, les chefs d'État et de gouvernement devront prendre en compte les résultats des élections au Parlement européen en proposant à ce Parlement le nom du prochain président de la Commission européenne, le successeur de Barroso. Les familles politiques européennes s'organisent pour proposer chacune une personnalité leader au niveau européen, qui sera le candidat naturel à la présidence de la Commission en cas de victoire.

Les libéraux ont choisi l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt. Son programme: plus d'Europe, une union économique, budgétaire et bancaire le plus tôt possible. Sa conviction fédérale a causé une certaine inquiétude chez certains partis libéraux nationaux, tels que les Pays-Bas, plus eurosceptiques. C'est pourquoi la formation politique a finalement décidé, le 1er février, de présenter à l'élection un "ticket" composé de Guy Verhofstadt et du commissaire actuel des affaires économiques et monétaires, l'orthodoxe (en termes de discipline économique et la vision sur l'intégration Union Européenne) Olli Rehn.

Les Verts ont choisi les eurodéputés Ska Keller et José Bové, et la gauche européenne son vice-président et chef du parti Syriza, le grec Alexis Tsipras. Alors que les socialistes se rallient à l'actuel président du Parlement européen, Martin Schulz […], le Parti populaire européen choisira son candidat à la prochaine conférence du 6 Mars, à Dublin. Au cours du week-end des 1er et 2 février, l'ancien Premier ministre du Luxembourg et ancien président de l'Eurogroupe, le vétéran Jean-Claude Juncker, semble avoir reçu le soutien d'Angela Merkel, qui lui permettrait d'assurer sa nomination au Congrès à Dublin.

Pendant ce temps, le 31 janvier, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen (l'institution de l'UE qui proposera au Parlement le nom du futur président de la Commission), a convoqué une réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement pour le 27 mai, quelques jours après les élections européennes. Au cours du  dîner, les dirigeants des pays européens échangeront les premières idées sur le nom de la personne qu’il proposera à la tête de la Commission, en particulier à la lumière des résultats de l'élection (en plus des critères habituels : la nationalité, le profil, le sexe...). Le nom du candidat retenu comme futur président de la Commission devrait être annoncé lors du Conseil européen des 26 et 27 Juin, puis passer à l'examen et à l'approbation du Parlement, qui le désignera à la majorité absolue de ses membres.

Ce sera ensuite une vacance pour Van Rompuy lui-même, qui approche de la fin de son second mandat. Le choix des personnes qui occuperont les postes de haut niveau dans les institutions européennes au cours de la prochaine législature, donnera une indication de la direction vers laquelle l'Union évoluera durant cette période.

L'avenir de l'Union européenne, au moins la désignation d’une partie des hauts responsables qui influeront sur nos vies dans les années à venir, est entre nos mains. Pensons-y lorsque nous irons voter en mai.

Traduction par Marc Bechu, article de la revue Citta Nuova

© Photo Copyright SordaCadencia, Creative Commons License
 

 

 

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